Après la victoire écrasante de Joe Biden, Donald Trump revendique sans preuve la victoire des élections. En effet, il soutient que des fraudes massives ont eu lieu pendant les élections. La situation est encore incertaine, le pays demeure fracturé, les médias se lancent dans une course frénétique pour répondre aux graves accusations de fraude et la démocratie américaine en sort ébranlée. Suite aux censures des médias estimant que les accusations alléguées par Trump sont infondées, il se crée son propre média de part Facebook et Twitter qui semblent être bien dépassés par les événements incontrôlables et délicats. Dans ce véritable conflit chaotique d’informations, le monde entier est en quête de vérité, d’authenticité, de source fiable.  Il est alors intéressant d’analyser ce que la Blockchain aurait à apporter dans le processus électoral.

La Blockchain permet de résoudre l’une des critiques formulées par Donald Trump contre le processus démocratique. Elle pourrait permettre de s’exempter du recours aux tiers de confiance.  Dans un processus électoral, il est d’usage que le vote soit compté par un tiers de confiance, c’est à ce moment que l’authenticité et la fiabilité du vote est vulnérable. C’est ce moment précis qui est alors utilisé, fréquemment, par l’opposition souhaitant remettre en question la fiabilité des votes. La Blockchain permet d’enregistrer une information comme un vote électoral de manière définitive sans que celle-ci ne puisse jamais être modifiée. De plus, celle-ci est transparente …

C’est ainsi que l’agence de presse américaine Associated Press (AP) utilise les blockchains comme l’Ethereum et l’EOS pour publier les résultats des élections américaines. Cette association a enregistré le vote de 49/50 États avec 23 États ayant voté pour Trump et 26 pour Joe Biden.

Cette nouvelle technologie paraît de prime abord comme étant révolutionnaire et serait perçue pour certains comme l’unique remède aux failles des processus électoraux. En réponse à cette alternative, Joseph Lorenzo Hall directeur de projet du Center for Democracy & Technology affirme que « voter par application mobile est une idée terrifiante (…) sur des appareils individuels horriblement sécurisés, sur nos horribles réseaux ».

Force est de constater que notre paradigme actuel n’est pas en mesure d’assurer cette transition. Cela ne semble pas être lié à l’effectivité et aux garanties qui seraient offertes par le processus d’un vote électoral par l’utilisation de la Blockchain, mais cela semble soulever une question bien plus complexe. Cette nouvelle technologie s’avère être encore peu connue pour beaucoup et ne pourrait aujourd’hui être utilisée pour un enjeu aussi important qu’une élection.

Il est manifeste que les États-Unis ont d’ores-et-déjà les capacités techniques de mettre en place un vote par le biais de la Blockchain. Mais, qu’en est-il de la France ? Dans un rapport d’information à l’Assemblée nationale déposé le 12 décembre 2018, le vote électronique est abordé. Le député M. Jean-Michel Mis a affirmé que « la question n’est pas uniquement d’ordre technologique, mais porte également sur la manière dont les citoyens consentent à délivrer leur vote, et sous quelle forme ».  En effet, la transparence qui est inhérente à la Blockchain semble poser des difficultés. Il affirme ensuite que cela pourrait « remettre en cause notre culture du secret du vote, et porter atteinte au consentement démocratique et à la participation citoyenne. »

Aliénor Nin – Responsable du pôle Blockchain, Cryptomonnaies & Fintech

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